Ce dimanche, j'étais à Madiran pour une battue au chevreuil.
Lors de la première traque, derrière le village, je me suis placé près d'une stabulation, en bout de traque. D'habitude, c'est une très bon poste. Étant près des vaches, c'est toujours embêtant de tirer au fusil, c'est donc un poste pour moi.
Pas de chance pour cette fois, trois chevreuils sont tués par les fusils, de l'autre côté de la traque, le dernier, au lieu de venir vers moi, se dérobe de l'autre côté de la stabulation.
Pour la deuxième traque, je suis placé au bout d'une haie. Un bon poste, où en général, les chevreuils et renards se dérobent. Pas de chance non plus, un copain placé un peu plus bas me les arrêtait avant. Mais tout de même, un beau lièvre est passé et j'ai décoché deux flèches sur une belette (c'est petit une belette). Pas plus de deux, il fallait que j'en garde quelques unes pour les chevreuils.
La troisième traque sera fructueuse pour moi. C'est une plantation d'eucalyptus, presque impénétrable.
Je trouve le poste idéal au coin d'une prairie,en haut d'un talus, deux mètres a l'intérieur du bois. Le bois est assez propre, je peux m'adosser à un beau chêne pour me dissimuler. Je surplombe les quelques ronces de bordure, cela me permettra de pouvoir tirer aussi dans la prairie le cas échéant.
Je sent que je suis au bon endroit, je ne savais pas pourquoi, mais j'avais un bon pressentiment. Lors de mes recherches de tir d'été, j'avais repéré un beau brocard, qui empruntait ce passage pour se réfugier dans les eucalyptus.
Mon pressentiment se confirme vite. Le premier chevreuil mené par Paco m'arrive dessus. Il ralentit sa course au bon moment, sûrement pour observer avant de sortir du bois, il n'est qu'à trois mètres de moi. Je tire, il s'écroule. Après plusieurs tentatives, il parvient à se relever. J'ai bien essayé de l'attraper pour le servir, mais je n'ai pas insisté, car la flèche restée en travers de son corps était dangereuse. Par contre, je voyais que la flèche avait pénétré vers la moitié du corps, j'ai eu peur quelle soit mauvaise. Tout de même, je trouve de belles traces de sang dès les premiers mètres de fuite.
En arrivant sur les lieux, le chien abandonne sa poursuite, ce qui est une bonne chose pour la recherche, le brocard ira moins loin.
La battue terminée, avec mon voisin de poste (témoins de la scène) et le piqueur, nous entamions la recherche. La piste de sang est impressionnante, du sang bien rouge, avec quelques bulles, à ce moment là, je comprend que ma flèche est bonne. Au bout de la piste, une grande flaque montre qu'il s'est couché là, à cet endroit, mais rien. Plus une goutte de sang par la suite. Je comprend alors qu'il s'est relevé et à fait un bon sur le côté pour se cacher dans les fourrés. En effet, il y est, la flèche est entrée par l'omoplate gauche et est ressortie sous l'épaule droite. C'est une atteinte aux poumons et aux artères du cœur, le mieux que l'on puisse espérer. Sa distance de fuite est d'environ cent mètres. Il n'y a pas de doutes, c'est bien le brocard qui m'a fait rêver l'été dernier.
Cet événement m'a permis de me rendre compte que l'on peut facilement se tromper pour connaître l'atteinte. L'examen des traces de sang m'a donné plus d'informations que la vision que j'ai eu de la scène.
Nicolas
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permettent de faire tomber pas mal de préjugés sur notre passion (le chasseur à l'arc serait un hurluberlu ou un braconnier). En clair, nous nous sommes bien régalés tout au long de la
journée, c'est une expérience bien sûr à renouveler.
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